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[RETOUR SUR] Comment les enfants ont-ils et elles vécu la pandémie ?

Après 6 mois d'échanges avec la classe de 6ème du collège Lapierre sur les questions de solidarité et de vivre-ensemble dans le contexte actuel de pandémie, une restitution du projet mené avec la sociologue Jessica Brandler a eu lieu en juin dernier. Les élèves, l’enseignant Nicolas Pomiès, et la chercheuse ont convié des élu.es et agent.es de la Ville, ainsi que le personnel du collège, à participer à cet évènement, pour s’intéresser à la manière dont les enfants et les jeunes vivent cette situation si singulière et les mesures mises en place pour éviter la propagation du virus.

Dernière mise à jour mercredi 21 juillet 2021


La matinée s’est déroulée en plusieurs temps :

Le travail autour de l’outil participatif que sont les carnets « quotidien d’une pandémie » a été exposé de manière détaillée. Il a représenté un espace d’expression pour les élèves, leur permettant d’exprimer leur vécu de la situation, un véritable « espace à soi », tout autant qu'un véritable matériau pour la chercheuse (au total 25 carnets, soit 235 pages !). Des interventions régulières de la sociologue ont eu lieu en classe, autour d’activités co-construites avec l’enseignant, sur les questions du vivre-ensemble, de la solidarité, de l’écoute de l’autre et de l’engagement citoyen. Certaines ont fait l’objet d’illustrations, réalisées par Sofia Tagliani, chargée d’enquête et stagiaire au Forum urbain, comme ce fut le cas des jeux-débats proposés sur le thème « Ensemble on va plus loin ». Ces illustrations ont d’ailleurs été distribuées aux élèves, pour les remercier de leur forte implication dans le projet.

  • Présentation des posters « gestes passerelle », lecture théâtralisée des extraits de carnets par les élèves et remerciements

   





Aux pictogrammes proposés par l’enseignant, les élèves ont associé des petits conseils pour favoriser la solidarité et l’entraide entre habitant.es dans le contexte actuel. A tour de rôle, les élèves ont lu les posters qu’ils et elles ont créé.

En toute complicité, la classe et l’enseignant avaient préparé des « surprises » pour les invité.es et la chercheuse. La première était une lecture théâtralisée de certains extraits de carnets, choisis par les élèves et accompagnés, en arrière-plan, d’un diaporama préparé par l’enseignant :  à chaque extrait était associé un mot et une image, le tout accompagné d’une musique ponctuant la présentation. La deuxième consistait en une vidéo réalisée par les élèves et montée par l’enseignant pour remercier la sociologue d’avoir proposé cet espace de partage autour de la pandémie. L’enseignant avait laissé carte blanche aux élèves pour filmer dans la classe : on les voit en train de danser, de sourire sans le masque (symbole fort après toute une année masqués en classe !), de montrer des panneaux avec des mots adressés à la chercheuse…un moment de convivialité, à l’image de ce qui a pu émerger autour de ce projet.

  • Prises de parole des invités et clôture

Pour finaliser la matinée, les invité.e.s ont souhaité prendre la parole en s’adressant aux élèves et aux adultes qui les ont accompagné durant ces 6 mois de travail commun autour du projet. La Ville de Lormont, qui suit le projet SCIVIQ de près, s’est fortement mobilisée pour assister à la restitution (2 élues et 3 agent.es présents ce jour-là). Ému.es par la présentation et impressionné.es par la forte réflexivité des enfants vis-à-vis de la situation de pandémie, ils et elles les ont félicités à tour de rôle.

Josette Belloq, 1ère Adjointe de Lormont déléguée à l'éducation et à la Cité éducative :

« C’est très important d'avoir cette ambiance de classe, respectueuse. Vous donnez à voir une grande maturité, pour une classe de sixième. »
Elle souligne et salue la bienveillance des adultes qui ont accompagné les enfants dans ce parcours et reconnaît le courage des élèves qui « n'ont pas eu la crainte d'être jugé.es » en exprimant leurs peurs et en dévoilant des aspects personnels, voire intimes, de leurs vies.
Elle affirme que tous les sentiments que les enfants ont partagé, les conseils qu’ils et elles ont prodigués, peuvent servir aux adultes pour faire face au contexte de crise, pour élaborer des politiques et elle les remercie pour cela.  

Maférima Diagne, Élue à la Jeunesse, Prévention et Sports :

« On besoin de vos conseils (...) plus on grandit et plus on oublie les choses qui comptent, pour vous mais pas seulement. En devenant adulte, on est dans la gestion des journées de travail, de la maison, etc. et on oublie ce que c’est d’être enfant, ce qui se joue. Merci de nous l’avoir rappelé aujourd’hui ! ».
Puis, elle adresse un dernier message fort aux enfants de la classe : « Vous êtes conducteurs et conductrices de quelque chose maintenant, qu’il faudra garder, en 5ème, en 4ème, toute votre vie, et le partager avec les autres ».

‘’Mam’’, ancienne représentante de l’association junior L.E.S Jeunes Engagés et ancienne élève de l’enseignant, actuellement en 1ère année de classe préparatoire :

« A votre âge, je ne pensais qu’à jouer, à mes ami.es, à moi… Dans ce contexte de pandémie, vous allez grandir très vite parce que vous devez faire face à beaucoup de difficultés. Ressentir les problèmes vous servira pour après améliorer les choses, après, pour devenir adultes. »  souligne-t-elle. Pierre Courbin, référent du Conseil Municipal des Enfants et de l’association L.E.S Jeunes Engagés : 

« Aujourd’hui, dans les médias on entend beaucoup les problèmes, on stigmatise les jeunes, les choses qui ne vont pas et malgré ça vous vous avez été capables de construire quelque chose de super (...) Vous avez déjà mis le pied dans la porte, ne la laissez pas se renfermer ». Il les invite à continuer sur le chemin emprunté et les invite à rencontrer L.E.S Jeunes Engagés, en se mettant à leur disposition pour imaginer des projets ensemble à l’avenir.

Chloé Estève, Cheffe de projet Cité éducative salue quant à elle la richesse des idées qui sont ressorties et la puissance des propos partagés et leur clarté.

Pour clore l’évènement, Josette Belloq et Chloé Estève (Ville de Lormont) proposent aux enfants de  participer à la Semaine de la citoyenneté de Lormont, qui s’inscrit dans la Quinzaine de l’égalité métropolitaine, en exposant leurs travaux. Cette exposition permettra de donner à voir le travail que les élèves ont réalisé et la diversité de supports sur lesquels ils et elles ont travaillés cette année. « C’est un travail magnifique », redit Mme Belloq. Elles s’engagent toutes deux à ce que les posters sur les « gestes passerelle » soient affichés dans différents lieux de la ville. Ces posters et l’ensemble du travail réalisé témoignent de ce qui s’est passé pendant cette pandémie et de la capacité à rebondir dans ce contexte. Ils permettront de porter à la connaissance de tous comment les enfants et les jeunes ont vécu ces derniers mois, avec les peurs, leurs difficultés, leurs espoirs aussi, pour l’avenir. Leur vécu fait écho à l’expérience qu’en ont fait les adultes, également touché.es par la crise et par ce qu’elle soulève comme questionnements.

Riche en émotions et en apprentissages, l’événement se termine autour d’un dernier message adressé par les élu.es aux élèves : « Votre parole compte, vous pouvez aider les élu.es à mieux connaitre les problèmes, à élaborer des meilleures politiques. »

Date et lieu
: le 7 juin 2021 au collège Lapierre à Lormont

Participants : Christophe Florean (principal du collège), Josette Belloq (1ère adjointe de Lormont déléguée à l'éducation et à la Cité éducative), Chloé Estève (cheffe de projet Cité éducative),      Maférima Diagne (élue à la Jeunesse, Prévention et Sports), Pierre Courbin (référent du CME et de l’association junior L.E.S Jeunes Engagés), Paul-Eric Briand (Responsable de la Maison des Associations et de la Citoyenneté et directeur de cabinet de Lormont), "Mam" (ancienne représentant.e des Jeunes Engagés et ancienne élève de l’enseignant), Nicolas Pomiès (enseignant principal de la classe de 6ème SATIE), Jessica Brandler (chargée de recherche au Forum urbain, coordinatrice du projet SCIVIQ) et Sofia Tagliani (chargée d’enquête, stagiaire du projet), les 25 élèves de la classe de 6ème SATIE.

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