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Sandrine Vaucelle, la "khâgneuse" devenue géographe

Sandrine Vaucelle, la "khâgneuse" devenue géographe

Enseignant-chercheur en géographie (Université Bordeaux Montaigne / UMR PASSAGES), Sandrine Vaucelle est une spécialiste des services urbains et de la prise en compte de l'environnement dans les politiques urbaines. Portrait.

Entretien réalisé par Jocelyn Noirot, stagiaire au Forum urbain en 2017.



Quel est votre parcours ?
J’ai d’abord été "khâgneuse" dans la classe préparatoire "lettres et sciences sociales" du lycée Montaigne à Bordeaux. J’ai ensuite suivi un double cursus universitaire, inscrite à la fois à l’Institut d’études politiques de Bordeaux et en licence de géographie. J’ai obtenu un DEA [1] en gouvernement local et administration européenne en lien avec le laboratoire CERVL [2], spécialisé sur ces questions. J’ai aussi réalisé à cette époque un stage déterminant et marquant pour moi à la Communauté urbaine de Bordeaux autour de la politique de lutte contre les inondations, qui m’a largement révélé mon intérêt et mon goût pour cette thématique. Après ma maîtrise en géographie, puis mon agrégation, j’ai enseigné pendant près de quinze ans dans divers collèges et lycées de différentes académies. Après ma thèse intitulée "La gestion de l’eau facturée à Bordeaux et en Gironde : production, consommation et épuration d’un bien disputé", j’ai obtenu un poste de Maître de conférences en géographie de l’aménagement et des espaces urbains à l’Université Bordeaux Montaigne. J’y ai intégré le laboratoire de recherche PASSAGES, et suis également responsable aujourd’hui du master "Gestion territoriale du développement durable" (GTDD).

A quels grands enjeux urbains vos travaux de recherche répondent-ils ?
Mon travail porte sur l’eau en tant que service urbain, mais aussi comme risque. J’y ai intégré des enjeux de durabilité, qui évoluent d’ailleurs aujourd’hui vers une approche en termes de "transition". Je co-anime d’ailleurs au sein de mon laboratoire la focale consacrée à cette thématique. J’investis également la question de la mobilité, notamment dans le cadre du projet ALIM’, porté par le Forum urbain et soutenu les Fondation LISEA Carbone et Bordeaux Université via l’appel à projet 2016 "Transport ferroviaire – améliorer le parcours du dernier kilomètre".

Qu’est-ce qui vous a attiré vers la recherche ?
Ce que j’aime, c’est une recherche appliquée, ancrée dans les questions d’aujourd’hui avec un important travail de terrain (certains parlent de "recherche-action"). J’accorde beaucoup d’importance à la dimension opérationnelle de la recherche. L’enseignement m’apporte aussi beaucoup : j’apprécie de transmettre ma discipline et d’accompagner les étudiants. Je m’efforce, dès que je le peux, de favoriser leur immersion dans des structures professionnelles via des stages, des thèses cofinancées ou autre.

A quoi ressemble votre quotidien en tant qu’enseignant-chercheur ?
Au-delà de l’enseignement à proprement parler, je consacre beaucoup de temps à des aspects administratifs, par exemple pour négocier des contrats pour des étudiants. Il est vrai que l’augmentation et la diversification des partenariats avec des acteurs privés ou publics se traduit par davantage de travail administratif. Concernant la recherche, j’aime travailler en équipe et participer à des réunions de travail avec mes collègues ou partenaires. Il est parfois frustrant de ne pas avoir autant de temps que l’on souhaiterait à consacrer au travail d’écriture en lui-même ; l’été est souvent un moment plus propice. 

Quelles sont vos plus grandes réussites ou vos plus grandes fiertés dans votre parcours de chercheur ?
Je crois que c’est, d’une part, l’insertion professionnelle et la réussite de mes doctorants et, d’autre part, d’un point de vue plus personnel, la reconnaissance des acteurs privés et publics à l’égard de mon travail et le fait d’être régulièrement sollicitée pour mon expertise sur mes sujets de prédilection.

Que représente pour vous le Forum urbain ? Que vous apporte-t-il en tant que chercheur ?
Je me sens bien au sein du Forum et ressens un attachement pour celui-ci, car je l’ai vu naître et grandir. Par ailleurs, il s’agit d’un objet hybride qui correspond bien à la façon dont j’envisage la recherche et l’interaction avec les acteurs de la ville. Il m’apporte une concentration et une diffusion de l’information à l’aide de son réseau d’acteurs. Il constitue une porte d’entrée vers tout ce qui concerne les thématiques urbaines, dans toutes les disciplines. Cette année, j’ai été très heureuse du stage d’un étudiant de mon master GTDD, sous la tutelle conjointe du Forum urbain et de Bordeaux Métropole, qui a été très bien encadré. Le projet ALIM’, dans lequel le Forum urbain s’est beaucoup investi, est aussi une belle réussite.

Que lisez-vous en dehors des ouvrages scientifiques ?
Il s’agit essentiellement de lectures de détente (bandes-dessinées, polars, etc.), ainsi que des romans, souvent étrangers (italiens, danois…). J’aime l’idée de voyager en lisant.

Qu’est-ce que vous faites quand vous ne faites pas de la recherche ?
Je pratique de nombreuses activités : jardinage, balade en ville, sports de nature (canoë, randonnée en montagne, etc.). J’apprécie également, de temps à autre, de visiter des expositions de peinture par exemple.

 

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[1] Diplôme d’études approfondies visant la préparation au doctorat, remplacé depuis 2005 par le Master 2 recherche.

[2] Centre d'Etude et de Recherche sur la Vie Locale, devenu Centre Emile Durkheim après sa fusion avec le LAPSAC, Laboratoire d’Analyse des Problèmes Sociaux et de l’Action collective



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