Université de BordeauxCluster of excellence

Retour sur la découverte d'Istanbul par de futurs professionnels de la ville

Accompagnés par le Forum urbain depuis 2015, les projets collectifs permettent chaque année à des étudiants de Sciences Po Bordeaux et de l'ensapBx de réaliser un voyage d'étude à l'étranger autour d'une problématique urbaine. Récit de leur séjour à Istanbul en avril dernier.

Publié le mardi 23 avril 2019
Promotion IAT / SGM 2018-2020Promotion IAT / SGM 2018-2020
Forum urbain


Istanbul, métropole de plus de 15 millions d'habitants, à cheval entre deux continents, et dominant le bassin méditerranéen...voici la ville qu'ont choisi d'arpenter les étudiants des masters "Stratégies et gouvernances métropolitaines" (Sciences Po Bordeaux) et "Intelligence et architecture des territoires" avec leurs enseignants du 1er au 8 avril 2019.

A peine arrivés, les étudiants rencontrent le géographe et spécialiste de la Turquie, Jean-François Pérouse, à l'Institut Français des Etudes Anatoliennes (IFEA). Ce dernier dresse le panorama d'une ville qui s'est autant étalée que verticalisée en périphérie et qui, depuis 20 ans, a connu de profondes transformations économiques, sociales et culturelles.

Le lendemain, ils font la connaissance d'Himmet Murat Güvenç de l'Istanbul Studies Center (ISC), qui retrace l'histoire de la ville et ses logiques de peuplement. Le même jour, l'Istanbul Chamber of City Planners présente les projets pharaoniques entrepris depuis les années 2000 par l'AKP, le parti de la Justice et du Développement (nouvel aéroport international, 3ème pont sur le Bosphore, tunnel routier et ferroviaire connectant les deux rives...), au détriment du respect des documents de planification, des règles patrimoniales et environnementales.

Mercredi, les étudiants découvrent comment la "Transformation urbaine" refaçonne le paysage urbain d'Istanbul à grande vitesse. Evrim Töre et Ayşe Gökşin de l'Istanbul Kultur University (IKU) expliquent que la politique de "renouvellement urbain" de l'Etat consiste en la démolition-reconstruction de la moitié du tissu urbain, en prévention du risque sismique ravivé par le tremblement de terre de 1999. En réalité, elle vise à faire "place nette" des quartiers informels et populaires, et à servir des intérêts purement économiques et financiers.

Jeudi, un groupe d'étudiants part en excursion à Gaziosmanpaşa, arrondissement d'Istanbul particulièrement concerné par la transformation urbaine. Accompagnés par Agathe Fautras, doctorante en géographie à l'IFEA, ils rencontrent tour à tour un représentant de la mairie qui défend une politique sociale de développement de l'accession à la propriété, le promoteur qui met en avant les qualités intrinsèques de ses logements, et l'association d'habitants qui s'y opposent. Ces derniers (tout comme les chambres professionnelles) ont principalement recours au droit pour préserver leurs quartiers (et les biens publics) de la "tabula rasa" qui s'est accélérée depuis 2012.

> Lire le compte-rendu de l'excursion, rédigée par Agathe Fautras et Marie Tihon.

Des enjeux similaires concernant le patrimoine architectural d'Istanbul sont plus tard présentés par Korhan Gümüş, Gül Köksal et İmre Azem de l'Architecture and Urban Research Academy (AURA).

Les deux dernières journées sont consacrées aux mobilités et aux systèmes de transports en commun, présentés par Eda Beyazit de la faculté d'architecture de l'Istanbul Technical University (ITU). Pendant que certains étudiants empruntent le métro pour traverser le Bosphore en compagnie d'Omer Faruk Alinmakas de l'Istanbul Metropolitan Municipality (IBB), d'autres expérimentent les embouteillages sur le pont du Bosphore dans un bus à haut niveau de service opéré par l'IETT.

La semaine se termine enfin par la visite de Balat Fener, quartier juif situé dans la vieille ville sur la rive européenne d'Istanbul et soumis au phénomène de gentrification.



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