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[RETOUR SUR] Quelles mobilités pour demain ? - Cycle de conférences

18/09 : 10h - 15h30

Dans le cadre de la 19ème édition de la semaine européenne de la mobilité, Bordeaux Métropole et le Forum urbain proposaient les 17 et 18 septembre dernier un programme de conférences sur les nouvelles façons de penser nos déplacements quotidiens pour imaginer les mobilités du futur. Chercheur.e.s et professionnel.le.s du secteur étaient invité.e.s à échanger sur les usages (et mésusages) des nouvelles mobilités aujourd'hui et s'interrogeaient sur les solutions à envisager pour demain.

Dernière mise à jour lundi 14 septembre 2020
[RETOUR SUR] Quelles mobilités pour demain ? - Cycle de conférences


Quelles mobilités pour demain ? 

La pandémie de COVID-19 nous a plongé dans l’immobilité. Pour ce monde où l’injonction à la mobilité est sans cesse plus aigüe, cette situation inouïe nous offre la possibilité de repenser en profondeur notre mobilité quotidienne. L’épisode de confinement de ce printemps 2020 a complètement bouleversé nos habitudes de déplacement : rues vides, voitures à l’arrêt, transports en commun désertés… L’urgence sanitaire a conduit à remettre en cause un droit que l’on pensait acquis pour toujours : le droit d’aller et venir. Et tandis que les entreprises et les administrations s’organisaient à la va-vite pour assurer la continuité de l’activité par le télétravail, nous redécouvrions les vertus des déplacements contraints : une amélioration sans précédent de la qualité de l’air, un environnement sonore apaisé… jusqu’à l’obligation à une « ville des courtes distances », lorsque les déplacements ne sont autorisés que dans un rayon d’1 km autour du domicile. C’est la possibilité d’une rupture franche avec un modèle énergivore, polluant et chronophage qui nous est offerte ; c’est la possibilité d’une autre mobilité.

C’est tout d’abord la place de l’automobile qui doit être interrogée. Le bilan de la « Révolution Culturelle » des politiques de transports urbains des années 1990 est en demi-teinte : la diminution du trafic au centre a été absorbée par une dépendance automobile toujours forte en périphérie, accentuant encore la fracture territoriale. La relative impuissance des politiques à juguler l’usage de l’automobile conduit à réfléchir aux possibles inflexions futures : tandis que le paradigme « techniciste » table sur les gains d’efficacité énergétique de véhicules devenus autonomes, le paradigme « OK Boomer » relègue l’automobile au rang de relique de l’ancien monde, et défend un nécessaire réaménagement de l’espace urbain pour assurer son droit à la mobilité au plus grand nombre.

Cette contradiction pourrait être résolue par le développement de la mobilité partagée, qui propose une propriété commune des moyens de transport. Si l’idée est séduisante, les solutions peinent encore à s’imposer, en raison de doutes tant sur leur rentabilité économique que sur l’évolution du cadre légal. Le recul dont nous disposons aujourd’hui sur les solutions de mobilité partagée nous autorise à faire un premier bilan et à évoquer les futurs possibles.

Des futurs possibles qui découleront des choix du présent. C’est pourquoi nous devons, dès aujourd’hui, être inventifs dans nos choix : l’imagination permettra d’anticiper les tendances à venir. Là aussi, deux paradigmes peuvent être dégagés. Entre les solutions high-tech, qui tablent sur une rupture technologique radicale avec les modes de déplacement antérieurs, et les solutions low-tech, qui récupèrent des solutions éprouvées pour les adapter aux contraintes du monde d’aujourd’hui, les choix qui seront faits détermineront les mobilités du futur.

Programme

Conférence d’ouverture « Le futur de nos déplacements est-il à puiser dans la science-fiction ? » / jeudi 17 septembre 2020, de 18h à 19h30, à la Station Ausone
Au vu de l'évolution de la situation sanitaire en Gironde, la conférence d'ouverture avec Alain Musset est annulée.

Premier temps fort du cycle « Quels futurs pour la mobilité urbaine ? », cette conférence propose de se plonger dans les visions futures de notre planète urbanisée pour mieux identifier les enjeux, eux bien réels, de la ville de demain. Pour ce faire, l’économiste Guillaume Pouyanne invitera le géographe Alain Musset à nous présenter son récent ouvrage Station Metropolis direction Coruscant (Le Bélial, 2019), dans lequel il propose de décrypter la figure des « monstruopoles », ces villes géantes, verticales et insoutenables, présentes dans les films de science-fiction, et ce qu’elles disent du futur de nos manières d’habiter le monde et de s’y mouvoir.

Alain Musset est directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Ses recherches portent sur les villes et les sociétés urbaines en Amérique latine dans une perspective historique, critique et sociale. Passionné de science-fiction, il s’intéresse aussi aux imaginaires de la ville. Ila ainsi participé auxmontages des expositions Science et Fiction, aventures croisées (octobre 2010-juillet 2011) et Valérian et Laureline en mission pour la cité (juin 2017-janvier 2018) à la Cité des sciences et de l’industrie de La Villette. Fan de Star Wars, il est mieux connu sous le nom de Darkalain par les adeptes du côté Obscur de la Force.

Guillaume Pouyanne est maître de conférences à l’Université de Bordeaux et chercheur au Groupe de Recherche en Economie Théorique et Appliquée (GREThA). Ses travaux portent sur la ville durable vue sous l’angle de la mobilité quotidienne, de la ville intelligente et des nouvelles formes de mobilité (retrouvez son portrait ici).



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Table-ronde 1 « Demain : finie la voiture individuelle ? » / vendredi 18 septembre 2020, de 10h à 11h30

Dans cette première table-ronde du cycle « Quels futurs pour la mobilité urbaine ? », nous nous intéressons à l’automobile. De plus en plus contesté, pour des raisons écologiques ou de partage de l’espace urbain, elle reste aussi un moyen de déplacement irremplaçable pour beaucoup. De la « suppression » de l’automobile annoncée par certains maires écologistes à la voiture autonome, quelle place accorder à l’automobile dans les déplacements de demain ?

Intervenants :

Stéphanie Vincent est sociologue, maîtresse de conférences à l’Institut d’Urbanisme de Lyon (Université Lyon 2 Lumières) et chercheuse au Laboratoire Aménagement Economie Transports (LAET). Ses travaux portent sur les altermobilités, les pratiques innovantes et les socialisations aux mobilités à partir d'une analyse compréhensive des usages de déplacements en interaction avec l’espace aménagé. En 2014, elle s’intéresse avec le Forum Vies Mobiles à l’évolution du rapport des jeunes à la voiture en France et au Canada sur la base d’une enquête auprès des jeunes de 16-35 dans le cadre de l’étude EVOLMOB.

Bernard Julien est économiste, maitre de conférences à l’Université de Bordeaux, directeur du Groupe d’Etude et de Recherche Permanent sur l’Industrie et les Salariés de l’Automobile (Gerpisa) et auteur de « L’industrie automobile, la croisée des chemins » (La documentation française, 2011). Il étudie les origines et les effets de la crise automobile et les défis actuels posés à l’industrie automobile, les nouveaux usages de l’automobile et les conséquences de leur développement pour l’ensemble des business automobiles.

Animateur : Guillaume Pouyanne

Regarder / écouter les échanges de la table-ronde :



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Table-ronde 2 « Nouveaux transports publics et mobilité partagée : vers une révolution des transports ? » / vendredi 18 septembre 2020, de 12h à 13h30

Dans cette deuxième table-ronde du cycle « Quels futurs pour la mobilité urbaine ? », nous nous intéressons aux trottinettes, vélos, scooters et autres voitures en libre-service, dont la location de courte durée fait de plus en plus d’adeptes chaque jour. Les principes de l’économie du partage s’appliquent particulièrement bien aux modes de transport du quotidien. Quelle est la place de cette nouvelle mobilité dans les déplacements de demain et comment les transports publics peuvent-ils s’adapter à cette « révolution » ?

Intervenants :
Ludovic Bu est consultant indépendant, spécialiste des nouvelles mobilités, de l'urbanisme durable, des nouveaux business models, marchés et usages. Il a notamment créé Wimoov (association qui accompagne les publics en situation de fragilité vers une mobilité autonome et durable) et CitizenCar (startup de location de voitures entre particuliers, rachetée par un grand groupe automobile français).



Eric Chareyron est directeur de la prospective, des modes de Vie et de la mobilité dans les territoires chez Keolis, opérateur privé de transport public urbain de voyageurs en France. Après avoir occupé des postes opérationnels et celui de directeur marketing au siège, il a créé une démarche d’observation et de compréhension des modes de vie, des comportements des citoyens dans leurs pluralités, et de la mobilité en intégrant les spécificités des territoires, entrainant une réingénierie des réseaux, des services, de la tarification, de l’approche des parcours client, de la qualité de service, et de la relation client.

Olivier Aureille est ingénieur et président de YEGO Bordeaux, service de location de scooters électriques accessibles en libre-service sur le territoire de la métropole depuis 2018.



Animateur
 :
Matthieu Montalban
 est économiste, maitre de conférences à l’Université de Bordeaux et chercheur au Groupe de Recherche en Economie Théorique et Appliquée (GREThA). Il travaille sur la construction sociale des marchés et la financiarisation des industries.



Regarder / écouter les échanges de la table-ronde :

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Conférence de clôture « Transition énergétique et diminution de nos déplacements : même combat ? »
/ vendredi 18 septembre 2020, de 14h30 à 16h

En guise de conclusion du cycle « Quels futurs pour la mobilité urbaine ? », cette conférence propose de questionner la finitude des ressources naturelles non renouvelables et ses liens avec la question énergétique, centrale dans la réflexion sur nos manières de nous déplacer. Pour se faire, Géraldine Di Matteo invitera Philippe Bihouix à nous livrer sa critique de la course en avant technologique et ses réflexions autour des « basses technologies », au cœur de son ouvrage « L’âge des low tech. Vers une civilisation techniquement soutenable » (Seuil, 2014), et plus récemment « Le bonheur était pour demain. Les rêveries d’un ingénieur solitaire » (Seuil, 2019).

Philippe Bihouix est ingénieur et a travaillé comme consultant ou dirigeant dans différents secteurs industriels, et en particulier celui des transports et de la construction. En 2019, il rejoint le groupe AREP, agence d’architecture interdisciplinaire et filiale du groupe SNCF Gares&Connexions, en tant que directeur adjoint.

Géraldine Di Matteo est ingénieure et occupe le poste de cheffe de service études, marketing et animation territoriale de la direction de la multimodalité de Bordeaux Métropole.

Regarder / écouter les échanges de la table-ronde :


Partenaire : Bordeaux Métropole




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